mardi 20 décembre 2022

Les cimetières oubliés de Saint-Gervais-du-Perron

 Sur le bulletin paroissial d'informations concernant la célébration de la Toussaint 2022, Alain Churin, ancien habitant de Saint-Gervais, a glissé des informations importantes sur le cimetière actuel de notre commune, mais également sur les précédents.

Rappelons qu'avant l'ordonnance du roi Louis Philippe en date du 8 mars 1839, notre territoire comportait deux paroisses, devenues communes après la révolution de 1789: Saint-Laurent-de-Beaumesnil à l'est et Saint-Gervais-du-Perron à l'ouest. Chacune de ces communes avait son église et son cimetière aménagé devant celle-ci.

Après 1839, la commune de Saint-Laurent-de-Beaumesnil, rattachée à Saint-Gervais-du-Perron, n'existe plus. Son église est démolie, les pierres récupérées pour agrandir celle de Saint-Gervais.

Après la fusion des communes, le cimetière de Saint-Gervais apparaît rapidement trop petit.

Un nouvel emplacement est trouvé, il sera implanté au carrefour dit" des mariages", aujourd'hui nommé "place de l'étoile", à environ 500 m de l'église entre la route des "Bauchets" et celle du "Parc".



Le nouveau cimetière communal est béni et inauguré en 1835, (probablement le 30 avril), par l'abbé Morin Pillière, curé de Saint-Gervais depuis 1826.

La première personne inhumée dans le nouveau cimetière, fut Pierre Folin, décédé le 30 avril 1835 au village de Cordouin, sur la commune de Saint-Laurent-de-Beaumesnil

La future disparition de cette commune était donc déjà actée et en attendant la parution du décret royal de 1839, il était cohérent d'inhumer Pierre Folin dans le nouveau cimetière de Saint-Gervais-du-Perron.

Au 19ème siècle, les défunts ne sont pas déplacés dans le nouveau cimetière. C'est ainsi que la commune de Saint-Gervais se retrouve avec trois lieux de sépultures: les anciens cimetières autour de l'ancienne église de Saint-Laurent et devant l'église actuelle de Saint-Gervais , ainsi que le cimetière actuel.


Eglise de Saint-Gervais  avec les grilles protégeant l'ancien cimetière. (carte postée en 1954)






Emplacement de l'ancienne église et du cimetière de Saint-Laurent-de-Beaumesnil. 
Lors de l'élargissement du virage sur la route de Bursard, 
de nombreux ossements furent mis à jour.

La croix rappelle que sous ce champ cultivé, des centaines d'habitants furent inhumés 
sur ce lieu depuis 1026 



jeudi 3 mars 2022

Correspondance entre le cadastre napoléonien de 1808 et le bourg du Perron actuel

 En complément de l'article précédent sur le bourg du Perron entre 1789 et 1900, illustration des transformations de cette période en comparant le cadastre de 1808 et les photos actuelles. Essai d'interprétation au regard des archives disponibles.

Correspondance entre le cadastre napoléonien de 1808 

et le bourg du Perron actuel

Le bourg du Perron entre 1789 et 1900

Entre 1789 et 1900, notre village a vécu de grands bouleversements: à la suite de la Révolution française, les anciennes paroisses sont devenues communes. Notre bourg, à cheval sur deux d'entre-elles, prendra son nom définitif avec la réunification des deux entités.

A quoi pouvait ressembler le bourg du Perron au cours de cette période? Quels étaient ses commerces? Les deux communes qui le composaient étaient-elles très différentes?


                                     Le bourg du Perron entre 1789 et 1900

lundi 24 janvier 2022

Journal de Jacqueline Perrodon Juin 1944- mai 1945

 Dans un article précédent, vous avez pu découvrir un extrait du journal tenu par Jacqueline Perrodon pendant la seconde guerre mondiale à partir de juin 1944.

Ce précieux journal était conservé par sa petite fille, Brigitte. Un immense merci à elle pour avoir retranscrit ce journal et nous permettre d'en découvrir l'intégralité jusqu'à la fin de la guerre.

A la lecture de ce journal, on mesure combien notre région fut bombardée, survolée par de multiples  avions, traversée par de nombreux convois militaires. La proximité de la forêt d'Ecouves, de la gare de Vingt-Hanaps, d'Alençon faisait de St-Gervais du Perron un lieu proche de points stratégiques.

Ce journal nous fait partager le quotidien de cette famille Perrodon, à la recherche de nourriture, attentive aux autres et parcourant des dizaines de kilomètres à vélo ou à pied.

Avec Jacqueline, nous suivons la progression des alliés dans notre région et dans le reste du monde, grâce aux quelques informations glanées aux alentours, le tout dans l'attente du retour de son fils, Alain, prisonnier en Allemagne.












mercredi 17 novembre 2021

De Saint-Gervais-du-Perron au Père Lachaise

 


Pour la Toussaint, Alain Churin a glissé dans nos boîtes aux lettres une feuille avec une informations insolite: d'anciens habitants de St-Gervais du Perron reposent au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Il s'agit de Mr et Mme Perrodon et et de Mr et Mme Delaunay.

La famille d'Alain Perrodon habitait au lieu-dit "La Louisière" tout près du cimetière de Saint-Gervais...


Ils sont enterrés dans une jolie chapelle qui porte le nom de jeune fille de Madame Perrodon:

 "Petit de la Tuilerie".

La grand-mère d'Alain Perrodon était devenue une célébrité dans la commune en raison de son grand âge: Marie-Valentine Perrodon décéda le 18 octobre 1970 dans sa 108è année.

Pour ses 106 ans, le maire de la commune, André Leconte était venu lui souhaiter un bon anniversaire, accompagné d'un journaliste de Ouest-France qui s'interrogeait sur le titre de doyenne de l'Ouest.



Si Alain Perrodon est inhumé au cimetière Lachaise, ses parents Jean et Jacqueline Perrodon reposent à St-Gervais du Perron avec Valentine.



Vers la fin de la seconde guerre mondiale, Jacqueline Perrodon a tenu un cahier des événements tragiques vécus à partir du 6 juin 1944 dans notre commune et celles environnantes.
La presse locale en avait publié un extrait à l'occasion du 60ème anniversaire du débarquement.
Ce journal constitue un document historique extrêmement précieux.



                                                                Alain Churin

L'autre famille enterrée au Père Lachaise, Mr et Mme Delaunay connut une fin tragique.

En regagnant Paris, ils furent tués tous les deux dans un accident de la route.

Ils habitaient le manoir de "Fosse-Louvière" en lisière de la forêt d'Ecouves.





Pour découvrir le texte complet d'Alain Churin avec les photos des deux tombes du Père Lacahaise



Une salle de théâtre et cinéma à Saint-Gervais-du-Perron

 Lorsque l'Abbé Lecoq succède à l'Abbé Rebours en 1951, il continue les activités théâtrales mises en place par son prédécesseur.

N'ayant pas de local permanent à St-Gervais, l'Abbé Lecoq va tout simplement en acheter un qui deviendra la salle Leclerc !

Ce sera une grange au bord de la rivière, près de la voie ferrée dans laquelle travaillait un cordonnier.

Cet homme était handicapé et de petite taille. Il possédait un banjo et en jouait bénévolement aux mariages. ( Sources Alain Churin)


Il est probable que des habitants aient donné ou prêté de l'argent pour financer ce bâtiment; la salle sera d'ailleurs aménagée par leurs soins.

Le journal Ouest-France publie d'ailleurs le 8 janvier 1954, le résultat de la tombola organisée pour financer la salle. 

Les spectacles de théâtre et les projections de cinéma aideront également à rembourser la salle.

La grange appartenait à une veuve, Adrienne Theurey. Elle possédait également les bâtiments et le terrain autour.

Le compromis de vente est rédigé le 12 février 1953, le prix fixé à 325.000 Francs:

25.000F à la signature de ce compromis, 150.000 à la réalisation devant le notaire et le solde dans les trois mois.

Pour découvrir l'ensemble du document


                                                            La porte de la salle fut changée

Sur la matrice cadastrale, la salle paroissiale appartient à "l'union familiale du Perron" Elle est enregistrée officiellement en 1955 et sortie en 1968.




Dans la rubrique "Témoignages des anciens"  (voir les onglets du haut) puis dans le dossier "Loisirs", des habitants de la commune ont témoigné de leurs activités théâtrales de l'époque.


Les acteurs en peine répétition sous le pont SNCF

Un balcon avait été aménagé. Il permettait  d'installer le projecteur de cinéma . Celui-ci venait de Saint-Pierre des Nids, il n'était pas fixe, mais apporté à chaque projection par un réseau de bénévoles dans quelques salles rurales autour d'Alençon.


Le balcon sur lequel était posé le projecteur
Dans l'Orne-hebdo du 15 avril 2020, un des bénévoles avait raconté cette période du cinéma itinérant

Les séances de cinéma du dimanche soir étaient un succès. Les films populaires de l'époque y furent projetés. Alain Churin se souvient avoir vu "Le voleur de bicyclette" (1948). Les films avec Fernandel étaient très prisés. (Denise Laumaillet se souvient de "La vache et le prisonnier" en 1959)
Pour ma part, étant très jeune, je m'endormais souvent sur les genoux de ma mère avant la fin du film...
Je me souviens toutefois de deux films qui m'avaient impressionné : "Les canons de Navarone" (1961) et "La princesse de Clèves" (1961).
Avant le film, les spectateurs pouvaient voir les actualités de la semaine en images, moment important d'information à une époque où les journaux télévisés ne faisaient pas encore partie du quotidien.

En décembre, l'abbé Lecoq organisait un arbre de Noël pour les enfants de la commune avec projection de films avec Charlot par exemple.


Annonce d'une séance de cinéma (Ouest-France 21 novembre 1957

Les séances de théâtre connaissaient aussi un beau succès.
 Il existait de nombreuses troupes dans la région.

                                                                                                      
                                                                      Ouest-France 7 février 1959


      Ouest-France du 18 novembre 1954

La programmation des spectacles de théâtre n'était pas toujours simple, comme en témoigne cet article de Ouest-France du 21 novembre 1957, sur la fragilité de certaines troupes.


L'âge d'or de cette salle se termina sans doute avec l'arrivée de la télévision dans certains foyers.
Il est probable qu'après 1965, la salle avait cessé son activité culturelle.

Plus tard cette salle vendue à des propriétaires privés, servira de dépôt pour un brocanteur.
Un ébéniste, Monsieur Tertereau y restaura des meubles anciens dans la petite salle accolée à la salle principale. Cette pièce pouvait servir de coulisses pour les troupes de théâtre et les réunions en petit comité. Elle était utilisée également pour le catéchisme et comme bibliothèque.


Vue de la salle actuelle depuis le balcon. 
On aperçoit encore les deux poutres sur lesquelles reposait la scène.



Le balcon vu d'en bas. Sur la droite, on aperçoit  l'escalier qui permettait l'accès à ce balcon



mardi 16 novembre 2021

Installation de l'Abbé Rebours en 1943

 Alain Churin, ancien habitant de la commune et historien local, nous a fait parvenir un document très intéressant sur l'installation de l'Abbé Rebours dans notre commune en 1943. 

Depuis 1896, c'est l'Abbé Soyer qui officiait dans notre commune. En 1940, ce curé prit sa retraite.

Pendant cette période de l'occupation allemande, l'Abbé Eudes, professeur de littérature au Petit Séminaire de Sées assurera l'intérim de 1940 à 1943, le samedi et le dimanche.

En 1943, l'Abbé Rebours est nommé à St-Gervais, il y restera jusqu'en 1951.

Lors de son installation, Monsieur Lermier, président du conseil curial de l'époque, prononça dans le presbytère un discours d'un style très travaillé et qui illustre bien l'époque concernée...

C'est ainsi qu'il parle de la population de sa commune:

"...Elle est composée d'excellentes gens honnêtes, laborieux, aux caractères agréables, pratiquant les vertus familiales, bons français et bons chrétiens, qui ont conservé plus que beaucoup d'autres villages la foi des ancêtres et l'habitude des pratiques religieuses"...

Précisions: Monsieur Georges Lermier était avocat honoraire, habitué des grands discours...

Il habitait le château proche du presbytère.

Pour lire l'ensemble du discours de Monsieur Lermier




       

L'abbé Rebours était prisonnier de guerre, il a été libéré en 1942 par les Allemands.

Ce prêtre jouera un rôle important au cours de cette période en recueillant au presbytère des personnes victimes de bombardements et en cachant dans la cave un jeune homme de Neuville-Près-Sées,

Fernand Broc, réfractaire du Service du Travail Obligatoire en Allemagne. (S.T.O.)

L'abbé Rebours sera très actif, il monta notamment une troupe de théâtre avec ses paroissiens de Saint-Gervais. Ils jouaient dans la ferme de Monsieur et Madame Laumaillet ou à Vingt-Hanaps, puisque le curé de St-Gervais était aussi celui de Vingt-Hanaps et de Mesnil-Erreux.

En 1951, l'abbé Rebours quitta Saint-Gervais du Perron pour Frênes près de Tinchebray.

                                                Départ de l'abbé Rebours vers Frênes en 1951
                                                devant le presbytère de St-Gervais.
                                                  

L'abbé Lecoq lui succèdera.

Sources: Colonel Philippe Deschamps